Chronique de Concert
Cake
Au niveau de l'actualité, John McCrea est devenu fainéant musicalement depuis une dizaine d'années en ne sortant qu'un album en 2011, mais un nouveau disque devrait sortir d'ici peu. En attendant, Cake a publié un nouveau single en Août 2018 "Sinking Ship" et en ce mois d'octobre, les Californiens concluent leur tournée européenne qui avait débuté l'automne 2018 et avzit été interrompue fin janvier à Paris. Peu importe, nous, on veut entendre les chansons qu'on a tant aimées et qui ont bercé notre jeunesse. Souvenez-vous des albums cultissimes "Fashion Nugget", "Prolonging the Magic", "Comfort Eagle" et du brillant "Pressure Chief" sur la période 1996/2004. En plus de 20 ans, on ne s'est jamais lasser de Cake tant leurs morceaux sont fun, cool, entrainants et un peu décalés.
La magnifique et prestigieuse salle Pleyel affiche complet pour l'occasion et on est approximativement 2400 personnes dont 400 en fosse à croiser les doigts que tout se passe bien cette fois-ci. Il n'y aura pas de première partie. Après un interlude musical en guise d'introduction, les musiciens arrivent enfin sur scène.
On peut voir pour la première fois les deux petits derniers arrivés dans le groupe, Daniel McCallum à la basse et Todd Roper à la batterie. On retrouve également Xan McCurdy à la guitare électrique depuis 1998, le fidèle lieutenant Vincent Di Fiore à la trompette, clavier et voix et le colonel en chef John McCrea bien évidemment.
C'est le fameux "Frank Sinatra" qui ouvre le bal et on est aux anges. Il faudra attendre le 4ème titre pour voir arriver le nouveau single "Sinking Ship". Dommage que la sécurité (trop stricte) de la salle Pleyel nous oblige à déposer notre matériel à la consigne, ce qui nous prive de découvrir le morceau en live. On finira par revenir là où on était en évitant la fosse, bien trop remplie. On peut enfin reprendre un morceau de Cake avec le très country et sympathique "Stickshifts and Safetybelts". Le son est particulièrement bon et étonnant. On n'a pas l'habitude d'entendre aussi clairement les instruments et c'est parfois un peu déroutant. La salle Pleyel et son incroyable acoustique y sont forcément pour quelque chose. Alors qu'on est en train de monter en régime, le groupe nous quitte déjà au bout de 7 morceaux. On nous annonce que c'est l'entracte, qu'il dura 20 minutes et qu'on peut consommer au bar. On ne fera pas de commentaires désobligeants mais il y a trop de codes ici et de principes qui ne collent pas du tout à un concert type rock. On se croirait au théâtre ou à une soirée de musique classique.
Lors de leur retour, John McCrea & Co délirent sur scène avec une fan qui a amené un arbre en pot et cela va durer quelques minutes. Le public rigole mais certains d'entre nous trouvent que cette coupure a bien cassé le rythme du concert. On reprend enfin un peu de musique avec l'entrainant "Sick of You". Niveau set-list, le groupe pioche dans la plupart de ces albums sauf "Pressure Chief" dont on entendra aucun extrait. Une des trois reprises de ce soir "I Will Survive" va remuer la salle et tout le monde danse et s'éclate. Malgré tout, il manque quelque chose pour qu'on décolle vraiment ce soir car John McCrea passe trop de temps à faire chanter son public sur la fin. Il fait trop son truc à l'américaine (on chante à gauche, on chante à droite, on chante au milieu, on chante en haut, on chante ensemble puis seulement les filles et après seulement les garçons). Bref, c'est chiant, c'est long et ça nous coupe une nouvelle fois les pattes.John, pourquoi tu n'enchaînes pas les morceaux ? Pourquoi es-tu devenu si pépère ? Pourtant on aime beaucoup ton côté nonchalant à l'image de ta musique mais ça traine trop en longueur. On sort donc parfois du moule à cake durant la soirée.
Pour finir, on attribuera une mention spéciale à Vincent Di Fiore, qui nous a régalé de son jeu à la trompette, et une au groupe dans son ensemble, qui a parfaitement joué. On regrettera comme vous l'avez compris, cet entracte, ces moments de creux et ce lieu pas vraiment adapter à du rock même alternatif. Le rappel offre un des meilleurs moments de ce live et c'est le monument "The Distance" qui clôture la soirée. Il est 22 heures 25, le groupe nous salue devant un public plutôt heureux. Pour toutes les raisons évoquées, ce concert tant attendu aurait pu être beaucoup mieux. Mais rassurez-vous, on remangera un morceau de Cake à l'avenir mais s'il vous plaît, pas à la salle Pleyel.
Remerciements : Charlotte et Caramba Culture Live/LA Factory
Photos : Jérôme Agier
Set-list :
Intro
(War/Fanfare Rocky IV original motion picture soundtrack )
Frank Sinatra
Long Time
Perhaps, Perhaps, Perhaps
(Osvaldo Farrés cover)
Sinking Ship
Stickshifts and Safetybelts
Shadow Stabbing
Mexico
Sick of You
Tree Giveaway Intermission
Love You Madly
Walk on By
Meanwhile, Rick James...
I Will Survive
(Gloria Gaynor cover)
Pentagram
Jolene
Never There
Rappel:
War Pigs
(Black Sabbath cover)
Short Skirt/Long Jacket
The Distance
Critique écrite le 11 novembre 2019 par Lebonair
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